Sections

Les maisons d’hébergement doivent refuser des femmes


Publié le 28 novembre 2017

Les maisons d’hébergement débordent. Que faire?

©Photo - Deposit photo

Édith Mercier, directrice de la Maison du cœur pour femmes, a eu besoin de tout son courage pour annoncer à des victimes qu’elle ne pouvait pas les accueillir et, du même coup, régler leurs problèmes et rebâtir leur confiance. 

Du 1er au 14 novembre (date de l’entrevue avec le représentant de TC Media), elle a refusé un total sept femmes et leurs 19 enfants. À celles-ci, Mme Mercier a donné les numéros de téléphone de d’autres maisons d’hébergement pouvant les aider en précisant de la rappeler au cas où elles se font dire non encore une fois. 

«Je n’ai eu aucune nouvelle de leur part. Elles ont trouvé le courage de m’appeler et je n’ai pas eu le choix de leur dire non. J’espère sincèrement qu’elles se sont trouvées une place ailleurs. Sinon, elles sont retournées dans un milieu qui met leur sécurité en danger», insiste Mme Mercier, visiblement très inquiète pour ces familles.

Manon Monastesse, porte-parole et directrice générale de la Fédérations des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF), lance le même cri du cœur, statistiques à l’appui.

«Dans la province, le taux d’occupation est de 93%. Cela signifie que la plupart des maisons d’hébergement dépasse 100%. Le plan d’action du gouvernement québécois fonctionne: les femmes dénoncent, mais on ne suffit pas à la demande.»

Edith Mercier, directrice de la Maison du coeur pour femmes.

©Photo TC Media – Charles Lalande

Immigrantes

Normalement, une femme qui a besoin d’hébergement reste six semaines dans les murs, le temps de la soigner et qu’elle se remette sur pied.

Édith Mercier accueille de plus en plus d’immigrantes qui nécessitent un encadrement nettement supérieur. Il n’y a pas si longtemps, elles composaient 2% de sa clientèle. Aujourd’hui, le taux a augmenté à 11%. 

«Parfois, elles ne parlent même pas français. On doit aussi prendre le temps de leur apprendre les lois et d’avoir confiance en nos policiers. Pour cela, on doit embaucher différents intervenants qui coûtent très cher. Alors, elles restent ici plus de six semaines, mais on doit les aider comme toutes les autres.»

Quelles sont les solutions pour remédier à ce problème et sauver bon nombre de femmes aux quatre coins du Québec? «Ça prend un rehaussement du financement, répond Mme Monastesse. Dans certaines régions, nous avons besoin de nouvelles places, de nouvelles maisons ou de maisons de deuxième étape.» Un constat partagé par Mme Mercier. 

Manon Monastesse, directrice de la FMHF.

© Photo gracieuseté