Passion séries : le compte-rendu de Martin McGuire

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 18 avril 2017

©AP

Un portrait global du début de la première ronde nous permet de voir que l'expérience compte encore, mais visiblement, la fougue de la jeunesse semble ressortir davantage.

Personne ne peut être indifférent par la passion générée par la passion des jeunes Maple Leafs. Les Torontois sont ressortis dans les rues l'année dernière grâce aux Blue Jays et durant la Coupe du monde. À Toronto, le feu est encore pris dans les rues en raison des Maple Leafs.

Au moment d'écrire ces lignes et contre toute attente, les jeunes Leafs ont pris les devants contre les Capitals de Washington, qui ont dominé durant toute la saison. Les Leafs leur en font baver! Encore une fois, Auston Matthews et ses jeunes compagnons Nylander, Marner et Rielly, chauffent les fesses des champions de la saison. Ils font fi de l'expérience de leur adversaire et sautent sur toutes leurs occasions de faire mal aux Capitals. On sent la passion dans le jeu de Nazeem Kadri et de Léo Komarov, qui ont été sclérosés par les dernières années difficiles des Leafs. La page est tournée là-bas.

Autre série passionnante : les Penguins de Pittsburgh, privés de leurs meilleurs défenseurs, ont placé les Blue Jackets de Columbus, à l'instar des Caps, un genou au sol. Ce n'est pas Malkin ni Crosby, même si le capitaine contribue largement, qui se démarquent. Ce sont les joueurs de soutien comme Brian Rust et Jake Guentzel, qui mettent l'épaule à la roue et marquent des buts importants. La décision qui explique le fait que les Penguins mènent 3-0 dans la série est l'utilisation de Marc-André Fleury. Si l'expérience est moins un facteur dans la série Caps-Leafs, elle joue un rôle majeur ici. Matt Murray est assis au bout du banc et admire les prouesses de Flower, car il a été incapable d'avoir le dessus en saison régulière sur Columbus.

La surprise jusqu'ici, même si les carottes ne sont pas entièrement cuites, c'est les Prédateurs de Nashville, qui sont prêts à passer le K.O. aux champions des dernières années. Les Blackhawks de Chicago sont méconnaissables. Par le passé, la défense blindée contribuait aux succès de l'équipe et protégeait Corey Crawford. La photo qu'on a des trois premiers matchs nous démontre que Crawford est laissé à lui-même. Le top 3, formé de Seabrook, Duncan Keith et Niklas Hjalmarsson, n'est pas dans le coup. Les Preds semblent inspirés par le gardien Pekka Rinne, qui veut profiter de ses dernières années dans la LNH.

Les Oilers tiennent tête aux Sharks de San Jose, comme le font les Leafs avec les Caps. L'énergie de la jeunesse fait le travail.

Les Blues de St-Louis, pour leur part, inspirés par le travail de Jake Allen, ont une fois de plus secoué le Wild du Minnesota. Malgré des dollars dépensés et un changement d'entraîneur, le Wil ne semble pas encore y arriver.

Dans l'Outaouais, les Sénateurs n'ont toujours pas terrassé les Bruins. Erik Karlsson mène sa troupe comme un bon leader, mais les Sens ne semblent pas appuyés par un gardien solide. Craig Anderson est capable du meilleur et du pire, et ce, dans la même période. Les Bruins, contrairement aux années dernières, ont de la difficulté à protéger les avances qu'ils vont chercher. Ils marquent plus de buts, mais sont plus vulnérables défensivement. Difficile de voir qui sortira vainqueur de cette série.

Les Ducks d'Anaheim, avec de vieux guerriers comme Ryan Getzlaf et Corey Perry, qui semblent encore en avoir dans le réservoir, livrent la marchandise. Les espoirs du côté des Flames de Calgary sont partis en fumée dès les premiers matchs. Les Flames ne sont pas mauvais, les Ducks leur sont juste un peu supérieurs.

Régalez-vous, chers amateurs de hockey, on a droit à une première ronde passionnante!

Notre dessert: le Canadien de Montréal.

Au moment où nous écrivons ces lignes, la série n'est pas terminée, mais ce qui ressort des premiers matchs est la capacité avec laquelle le CH joue adéquatement quand il a le dos au mur ou quand le match est sur la ligne. Est-ce le résultat d'une équipe qui a tant peiné offensivement et qui a tant travaillé pour gagner plus souvent 2-1 que 5-2? La question demeure entière.

Ce qu'on remarque dans l'entourage de l'équipe, c'est ce désir de faire le travail de manière adéquate et systématique chez le Tricolore. La présence rassurante de Carey Price et Shea Weber se fait sentir.

Claude Julien, aux dires de plusieurs de ses joueurs, est aussi une voix rassurante. Il demande des choses claires et pour l'instant, l'équipe répond bien. Les Rangers, dans les premiers matchs de la série, ont commis l'erreur que plusieurs commettent: Ils ont dit «On va les frapper»! À force de vouloir punir les Byron, les Gallagher et les autres petites pestes du CH, les Rangers, pourtant très solides en possession de rondelle et bien équilibrés offensivement, oublient que c'est avec la rondelle que l'on compte des buts et que l'on gagne des matchs.

Ce n’est peut-être pas terminé…