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Peine de 20 mois à un pédophile qui s'est dénoncé


Publié le 2 août 2017

Justice.

©(Photo TC Media - Archives)

JUSTICE. Après une vingtaine d'années de déviances sexuelles commises sur des jeunes filles de son entourage immédiat, Léo Dumont n'a pas tardé à admettre ses torts. Lors de son arrestation à Québec en 2014, l'individu de 57 ans s'est auto-incriminé en se déclarant pédophile aux policiers venus l'interroger.

À la suite des précédentes représentations sur la peine, au cours desquelles la Couronne a réclamé 2 ans de prison contre 1 seule par la Défense, le juge René De la Sablonnière a tranché. Au terme de sa décision lue mardi au palais de justice de Québec, il a condamné l'accusé à purger 20 mois de détention ferme.

Selon le récit des faits survenus entre le milieu des années 1980 et la fin des années 2000, Dumont a assouvi ses bas instincts sur deux jeunes filles âgées de 3 et 8 ans gravitant autour du noyau familial. À plusieurs reprises, l'homme a commis des attouchements sur elles, allant de caresses aux parties génitales jusqu'à la pénétration digitale.

Les gestes reprochés se sont produits durant leur sommeil, ou pendant des activités de camping et des déplacements en voiture. Les jeux et les chatouilles finissaient souvent par prendre une connotation sexuelle. Les victimes devenues adultes gardent des séquelles psychologiques de ces mauvais souvenirs, au point d'éprouver de la difficulté à avoir des relations sexuelles normales.

Déni et mensonge

Dans sa décision, le juge De la Sablonnière mentionne que les rapports présentenciel et sexologique démontrent que Dumont «arrange son récit de façon invraisemblable pour justifier ses gestes, sans les excuser». N'éprouvant aucuns remords, le menteur pathologique déroute tellement les experts, «qu'ils ont du mal à évaluer son risque potentiel de récidive».

L'évaluation sexologique conclut à une tendance à la paraphilie non exclusive, qui explique la déviance sexuelle du prévenu. Au surplus, cela se manifeste dans des situations d'autorité et de confiance. Par ailleurs, son déni à l'égard de toute problématique complique toute démarche de réhabilitation.

C'est pour cette raison que le magistrat a assorti sa sentence d'une probation de 3 ans, avec suivi de 2 ans, ainsi que des interdictions de communiquer avec les victimes et de se tenir dans les parcs ou d'avoir des armes pour 10 ans, en plus d'un prélèvement d'ADN et d'une inscription au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Clémence expliquée

La peine de 20 mois de prison pour des attouchements répétés sur une période de 23 ans peut paraître faible. Celle-ci s'explique par le fait que la sévérité de la loi sur les crimes sexuels a été accrue en 2012. Or, les délits reprochés à Dumont ont pris fin en 2008 même si les victimes les ont dénoncés en 2014.

TC Media