Le cri du coeur du communautaire


Publié le 3 novembre 2015

SOUS-FINANCEMENT. Jugeant sa survie menacée par un problème récurrent de sous-financement qui le prend de plus en plus à la gorge, le communautaire fait front commun en tenant deux journées de grève (hier et aujourd'hui) au Québec. Charlesbourg joint sa voix à mille autres pour dénoncer les impacts de l'austérité sur les missions des groupes en santé et services sociaux et des organismes en défense des droits.

«Ce qu'on demande, c'est oui, la hausse du financement mais, en fait, on demande aussi un investissement pour protéger notre filet social», d'expliquer Mélanie Leblanc, porte-parole du mouvement de grève à Charlesbourg. Un filet social qui, dénonce-t-elle, se précarise de plus en plus avec la réduction des services et du nombre d'heures d'ouverture, faute de subventions à la hauteur des besoins.

Ceux qui se frappent le nez contre une porte fermée «s'enfoncent dans une détresse financière, psychologique, physique aussi. Ces conséquences-là, c'est vraiment un beau cercle vicieux qui fait que les gens s'isolent et ont de plus en plus de stress», poursuit celle qui œuvre pour le Regroupement des femmes sans emploi du nord de Québec (Rose du nord).

Avec ce portrait sous le nez, Mélanie Leblanc s'explique difficilement le désengagement de l'État: «C'est nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos grands-parents…» Pour sa collègue Marielle Bouchard, l'austérité que prône le gouvernement Couillard n'est guère plus qu'une excuse déguisée: «Il suffit de répartir l'argent plutôt que de donner des crédits d'impôt à de grosses compagnies qui n'en ont pas besoin», fera-t-elle valoir.

La situation est d'autant plus préoccupante pour les groupes en défense des droits qu'ils ignorent de quoi avril prochain sera fait. Les protocoles d'entente viennent à échéance le 31 mars prochain. «Qu'est-ce qui va se passer dans cinq mois? Le gouvernement nous avait signés pour 18 mois en disant qu'ils allaient faire le ménage dans nos groupes. Depuis, pas de suivi, pas de nouvelles… On n’a toujours aucune idée de ce qui se passer», déplore Mélanie Leblanc.

D'ici là, par contre, elle promet d'accélérer la cadence des moyens de sensibilisation et de pression avec ses collègues.

Le sous-financement en chiffres

225M$

Somme supplémentaire dont les organismes en santé et services sociaux du Québec auraient besoin

40M$

Somme supplémentaire dont les groupes en défense des droits du Québec auraient besoin

7 ans

Que la subvention des groupes de défense des droits n'a pas été indexée

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