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Sécurité routière: témoignages poignants adressés aux jeunes

Une victime et la mère d’une adolescente décédée se confient


Publié le 10 mai 2017

Linda Hains, Olivier Genest, en compagnie d’une coordonnatrice clinique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale.

©(Photo TC Media - Charles Lalande)

SÉCURITÉ. À l’approche des bals de finissants, les jeunes du secondaire sont conscientisés à l’importance de la sécurité routière et des conséquences engendrées par une mauvaise décision. 

Le Gouvernement étudiant de la Polyvalente de Charlesbourg, le CHU de Québec-Université Laval ainsi que de nombreux partenaires ont pris le taureau par les cornes, pour une cinquième année, avec l’activité de sensibilisation intitulée Prends le volant sur ta vie.

J’ai 38 ans, et je vis encore avec les conséquences de mon accident

Olivier Genest, accidenté de la route à l’âge de 17 ans

Pour l’occasion, 1 500 finissants de plusieurs écoles de la région de Québec ont assisté, à quelques semaines de l’événement qui couronnera leur secondaire, à une simulation grandeur nature poignante, qui allie la vidéo, le théâtre et la musique.

Un grave accident de la route a été présenté, où une panoplie de conséquences ont été exposées : séjour à l’hôpital, réadaptation, réintégration sociocommunautaire de la victime, impacts judiciaires et ceux sur la famille.

Pour compléter, des témoignages bouleversants ont été racontés à un auditoire captivé. Tout d’abord, celui d’Olivier Genest, qui a vécu deux accidents.

«Quand j’étais jeune, mon frère est décédé d’un accident de la route dans lequel j’étais assis dans l’auto. Il n’était pas attaché», a dit l’homme de 38 ans d’entrée de jeu.

Une reconstitution d’un accident est présentée aux élèves.
(Photo TC Media – Charles Lalande)

«À 17 ans, à la fin d’une soirée, j’étais en état d’ébriété, j’ai pris ma voiture. J’ai dérapé dans une courbe et je suis rentré dans une maison. J’ai eu un grave traumatisme crânien. Je ne travaille pas. Les impacts ont été lourds pour ma famille et pour moi-même», a dit celui qui espère que les jeunes se rappellent de lui quand viendra le temps de prendre une telle décision.

Le cri du cœur d’une mère

Linda Hains raconte quant à elle l’histoire de sa fille, Kim. Le 7 janvier 2010, cette adolescente de 14 ans informe sa mère qu’elle se rend au parc pour rejoindre un groupe d’amis. Toutefois, Kim est embarquée, avec son nouveau copain, dans la voiture d’une connaissance de celui-ci.

«Je ne savais pas qu’elle avait des amis qui possédaient déjà une voiture, alors je n’ai pas eu l’occasion de m’asseoir avec elle et de la prévenir.»

Quelques kilomètres plus loin, le conducteur, fortement intoxiqué par l’alcool, roulait à grande vitesse, selon les hypothèses de la police. En prenant une courbe, il a dérapé. La voiture a effectué quelques tonneaux.

Assise à l’arrière, Kim n’avait pas bouclé sa ceinture de sécurité, de sorte qu’elle a été éjectée du véhicule. «Elle n’a eu aucune chance de survie», explique sa mère.

«C’est un cauchemar. C’est une vie qui s’arrête. J’ai été obligée de me faire interner en santé mentale pour m’en sortir. J’ai arrêté de travailler pendant trois ans», raconte celle qui a bénéficié d’un immense soutien des proches et connaissances de sa fille.

À la suite de cette vague d’amour inespérée, mais ô combien réconfortante, Mme Hains a décidé de faire «quelque chose de positif» de ce drame. Il s’agit de la troisième année qu’elle livre son témoignage de sensibilisation aux jeunes.

Son message : «Ne prenez pas le volant si vous avez bu et roulez prudemment.»